Dans les limites des exigences effectives

Article du « Courrier de Rome » N° 285 - Septembre 1988

Dans la violation matérielle de la norme disciplinaire, Mgr Lefebvre s'est maintenu à l'intérieur des limites tracées par les exigences effectivement imposées par l'état de nécessité et il a donc agi dans le cadre du droit de nécessité.

Déjà le 27 avril 1987, le Fondateur d'Ecône écrivait à ses Prêtres : « Les fidèles encore catholiques sont en beaucoup d'endroits dans une situation spirituelle désespérée. C'est cet appel que l'Église entend, c'est pour ces situations qu'elle donne juridiction (loi du suppléance)... et, de ce fait, nous devons nous rendre là où nous sommes appelés et ne pas donner l'impression que nous avons une juridiction universelle ni une juridiction sur un pays ou sur une région. Ce serait fonder notre apostolat sur une base fausse et illusoire. » Et il ajoutait : « Si un jour il était nécessaire de sacrer des Évêques, ceux-ci auraient la seule fonction épiscopale d'exercer leur pouvoir d'ordre et ils n'auraient aucun pouvoir de juridiction, n'ayant pas de mission canonique. » Aux consacrés, il a répété : « Le but principal de cette transmission est de conférer la grâce de l'ordre sacerdotal pour la continuation du vrai Sacrifice de la Saint Messe, et pour conférer la grâce du sacrement de confirmation aux enfants et aux fidèles qui vous la demandent. »

Mgr Lefebvre ne s'est donc pas arrogé le droit de conférer aux nouveaux Évêques un pouvoir de juridiction qui vient directement ou indirectement du Pape ; il n'a pas organisé ni n'a entendu organiser une hiérarchie parallèle (les Évêques sacrés par lui restent notamment soumis au Supérieur général de la Fraternité), et encore moins une Église parallèle. H s'est borné à transmettre le pouvoir d'ordre que l'Évêque reçoit directement de Dieu au moment de la consécration, afin que les nouveaux Évêques puissent subvenir à l'état de nécessité des âmes et des candidats au sacerdoce. Et, parce que, dans une situation normale, le pouvoir d'ordre s'exerce aussi en confor-mité des normes fixées, Mgr Lefebvre a ajouté : « Je vous conférerai cette grâce (de l'Épiscopat catholique) confiant que sans tarder le Siège de Pierre sera occupé par un successeur de Pierre parfaitement catholique en les mains duquel vous pourrez déposer la grâce de votre épiscopat pour qu'il la confirme. »

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